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Journées de l’aviation en 1910.

Meeting aérien sur le terrain d’aviation de la Maladière en 1910.

 mercredi 8 novembre 2006, en ligne par  François DESWERT

Meeting aérien sur le terrain d’aviation de la Maladière en 1910.

Journées de l’aviation en 1910

Tout commence en fait par l’organisation des journées de l’aviation du 22 au 25 septembre 1910, créées à l’initiative d’un collectif dijonnais.
Après une souscription qui a un peu de mal à démarrer, le programme est défini et différents concours organisés :

  • un concours de vitesse pour les aéroplanes, avec une prime à la meilleure moyenne,
  • un concours de longueur de vol continu,
  • un concours d’altitude, l’altitude minimum de 200 mètres est exigée pour l’attribution de prix.

Après une hésitation sur le choix de l’emplacement, un projet sur la plaine de Pouilly est abandonné et c’est bien sur l’ancien terrain de manœuvre de « la Maladière » concédé par l’armée que s’entraînent nos pionniers et l’on y construit une dizaine de hangars pour accueillir les participants.
Des séries de cartes postales et des timbres artistiques sont émis, des sponsors commencent à se manifester, la Biscuiterie PERNOT offre un prix pour un périple
aérien devant relier les communes de Fontaine-Talant-Dijon de clocher en clocher.

Les participants sont nombreux et à la hauteur des espérances ; le public au rendez-vous ; des pics de 35000 personnes sont enregistrés ; la gare de Dijon sature de voyageurs et la ville entière se mobilise autour des journées de l’aviation ; il n’y a pas un commerce qui ne s’inscrive dans la dynamique de l’événement ; la troupe des différents régiments dijonnais est largement mise à contribution pour canaliser tout ce monde et assurer le bon déroulement des manifestations.

Le plus jeune de nos faucheurs de marguerites Marcel HANRIOT (ci-dessous) n’a que 16 ans mais montre déjà une certaine maîtrise, ses premiers prix obtenus dès l’âge de 15 ans lors des journées de Champagne.

La valeur n’attendant pas le nombre des années, il rafle la majeure partie des trophées avec son monoplan à moteur Clerget mis au point à Paris par un ingénieur dijonnais.
Le jeune Hanriot réalise un vol de 21 minutes et 25 secondes. Il atteint une altitude de 290 m et tient 14 mn et 27 s en vol sans escale.

Il bat le record de vitesse sur 5 Kilomètres en 4 minutes et 13 secondes et gagne le trophée Pernot « De clocher en clocher » Dijon-Talant-Fontaine. Toutes ces prestations lui rapporteront 18500 francs, somme très importante pour l’époque !

Journées de l’aviation en 1910

Il y a René SIMON déjà titulaire d’un record du monde, qui cette fois-ci cassera du bois.

On note la présence de René BARRIER titulaire d’un record d’altitude à 800 mètres.

Eugène RENAUX (ci-dessous) avec son biplan FARMAN à moteur Renault qui empoche 16800 francs de prix.

Journées de l’aviation en 1910

Journées de l’aviation en 1910

Il y a Robert MARTINET (ci-dessus) détenteur de records de distance volant également sur FARMAN qui décrochera un prix de 8700 francs.

Journées de l’aviation en 1910

On voit Victor RIGAL sur Biplan SOMMER (ci-dessus), et il y a aussi une aviatrice, Madame Marthe NIEL, qui méritera bien son prix spécial.

On peut également voir voler un avion de construction dijonnaise, le monoplan Chesnay piloté tour à tour par Messieurs CHESNAY et BLANCHARD (ci-après).
Monsieur CHESNAY était aussi un des pionniers de la photographie aérienne.

Journées de l’aviation en 1910

Journées de l’aviation en 1910

Ces journées de l’aviation émaillées de fêtes, de bals et de feux d’artifices furent un franc succès et se finirent par une grande réception à la salle des Etats de Bourgogne.

Les journées de l’aviation ont marqué les esprits et c’est dans la plaine de Longvic que s’installeront les militaires, créant à Ouges l’un des plus grands terrains d’aviation de
France sur une centaine d’hectares, et s’inscrivant dans le contexte de la promulgation de la loi du 29 mars 1912 (JO des 22 et 24 août 1912), qui instaure et institutionnalise :
l’aéronautique militaire.

Ce n’est pas encore la création de l’armée de l’air (il faudra attendre 1937), mais les choses bougent ...

En novembre 1912, on peut voir sur le terrain de la Maladière un biplan HF (Henri Farman) dénommé « Ville de Dijon » et offert à l’armée par souscription publique à l’initiative de la Ligue Aéronautique de Bourgogne. L’appareil portait l’inscription « Souscription nationale pour l’aviation militaire 1912 – Ville de Dijon ».

Extrait de la loi du 29 mars 1912 :

"L’aéronautique militaire est chargée de l’étude, de l’acquisition ou de la construction et de la mise en œuvre des engins de navigation aérienne utilisables par l’armée, tels que ballons, avions et cerfs-volants.
Elle assure l’administration et la mobilisation des formations affectées au service de ces engins ainsi que l’instruction du personnel ..."

rédaction : Bachellez Benoit

Voir en ligne : La belle époque des aviateurs dijonnais.